Sujet d’exposé 6 : Le sport de compétition : enjeux, défis et dérives

SUJET D’EXPOSÉ : Le sport de compétition : enjeux et défis

Le 2 juillet, en 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun écrase le mollet, le talon puis la cheville de Tarik Muharemovic, ce qui lui vaut un carton rouge.

Le président Donald Trump a appelé plusieurs fois Gianni Infantino, le patron de la Fifa, afin d’obtenir l’annulation de la suspension de l’attaquant star de la sélection américaine, Folarin Balogun, qui pourra donc être aligné lors du huitième de finale contre la Belgique disputé dans la nuit du 6 au 7 juillet à Seattle. Il aura fallu un carton rouge pour que la Coupe du monde s’embrase. Voici donc comment le cirque trumpien s’est invité au Mondial.

Pourquoi Folarin Balogun a-t-il été exclu ?

L’attaquant américain Folarin Balogun bataille à la réception d’une passe d’Antonee Robinson et, dans un geste manifestement involontaire, écrase le mollet, le talon puis la cheville de Tarik Muharemovic. Les deux joueurs restent au sol. Après intervention de la VAR, l’arbitre brésilien Raphael Claus rend sa décision : faute grave et carton rouge, ce qui vaut suspension pour le prochain match. La star des Etats-Unis (trois buts depuis le début du tournoi) quitte le terrain. Une demi-heure plus tard, la sélection américaine se qualifie (2-0) pour les huitièmes de finale.

Pourquoi la Fifa a-t-elle annulé la suspension ?

Trois jours plus tard, coup de théâtre : la Fifa annonce la suspension du carton rouge. Dans la foulée de l’annonce, Donald Trump remercie la Fifa d’avoir «réparé une grave injustice» sur sa plateforme Truth Social. Le même 5 juillet, deux sources proches du dossier confirment à l’Agence France-Presse que le président américain a appelé celui de la Fifa, pour demander le réexamen de la suspension de l’attaquant, quelques heures seulement après la fin du match contre la Bosnie-Herzégovine. Selon le quotidien britannique The GuardianTrump, à qui Infantino a remis un «prix de la paix» inventé de toutes pièces quelques mois plus tôt, aurait même appelé à trois reprises afin de s’assurer que la suspension soit annulée.

Incompréhension dans le monde du football. Les réactions pleuvent sur les réseaux et les plateaux. Sur la chaîne américaine Fox Sports, Thierry Henry, ancien entraîneur adjoint de la sélection belge de 2016 à 2018, fait part de son désarroi : «Pour la Belgique, dans la préparation du match, ça change tout. D’accord, c’est la bonne décision, mais pourquoi si tard ? Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait tout de suite ?» Le sélectionneur français des Diables rouges Rudi Garcia monte au créneau en conférence de presse : «Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa.» Le gardien de but Thibaut Courtois sort de ses cages et dénonce un «précédent dangereux et bizarre».

Est-ce la première fois ?

Coupe du monde 1982, en Espagne. Les Bleus de Michel Hidalgo doivent absolument remporter leur deuxième match de groupe, après une entrée ratée dans la compétition, pour espérer passer le premier tour. En face, le Koweït doit faire office de victime expiatoire. A la 78e minute, l’équipe de France mène 3-1. Platini décale Alain Giresse, qui marque le quatrième but de son équipe et scelle la victoire. C’est compter sans Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah, le président de la fédération koweïtienne de football – et frère de l’émir –, qui descend des tribunes du stade de Valladolid pour mettre la pression sur l’arbitre soviétique de la rencontre. Il obtient gain de cause et le but est annulé, supposément pour hors-jeu. Cela n’empêchera pas l’équipe de France de s’imposer ensuite 4-1. L’arbitre, lui, sera radié, et le Koweït finira bon dernier du groupe. Quant à la France, elle sera sortie par l’Allemagne en demi-finale, après une victoire par KO du gardien allemand Harald Schumacher sur Patrick Battiston (trois dents perdues et une sortie sur civière). Le portier s’en tirera sans carton. Et pas un dirigeant français n’est venu taper un esclandre sur le terrain. Une génération traumatisée.

 

Publié le 06/07/2026 dans Libération

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